Après dix jours de mobilisation contre l’amendement 604, Argos42 a salué la suppression du dispositif qui aurait permis d’organiser des opérations de destruction de chiens errants dans plusieurs territoires ultramarins. L’association entend désormais renforcer un combat déjà porté depuis des années par des acteurs locaux : obtenir une politique fondée sur la stérilisation, l’identification et la responsabilisation des détenteurs. Une nouvelle phase commence pour Argos42 : il ne s’agit plus seulement de s’opposer à une mesure contestée, mais de contribuer à construire une réponse adaptée aux réalités ultramarines et capable de réduire durablement l’errance canine.
La mesure est tombée, pas le problème
Le 16 juillet 2026, la commission mixte paritaire chargée de trouver un compromis sur le projet de loi d’urgence agricole a supprimé le volet consacré aux chiens errants introduit par l’amendement 604.
Adopté quelques jours auparavant par le Sénat, ce dispositif concernait la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion et Mayotte. Après des opérations de capture et en cas de persistance d’attaques contre des personnes ou des animaux domestiques, le préfet aurait pu ordonner pendant une durée maximale de deux mois des « opérations de destruction » de chiens errants ou divagants.
La mesure répondait à une préoccupation réelle. Les attaques contre les troupeaux, les animaux domestiques et parfois les personnes ne peuvent être ignorées. Les éleveurs confrontés à la divagation canine ne peuvent pas être abandonnés face aux blessures, aux pertes et au sentiment d’insécurité.
Mais la destruction de certains chiens n’aurait pas empêché les abandons suivants, les nouvelles portées non désirées, le défaut d’identification ou la divagation d’animaux appartenant encore à un propriétaire.
Elle aurait permis d’intervenir sur certaines conséquences immédiates de l’errance. Elle n’aurait pas empêché que de nouveaux chiens se retrouvent, quelques semaines ou quelques mois plus tard, dans les mêmes situations.
La commission mixte paritaire a donc retiré une réponse contestée. Elle n’a pas réglé la crise qui avait rendu cette réponse politiquement envisageable.
C’est désormais sur ce terrain, déjà investi depuis longtemps par des acteurs ultramarins, qu’Argos42 entend poursuivre son action.
Créée en septembre 2023 et basée dans la Loire, cette jeune association de protection animale intervient principalement par la sensibilisation, les campagnes publiques, les pétitions et le plaidoyer auprès des responsables politiques. Son communiqué indique qu’elle a été fondée par un adolescent alors âgé de 14 ans.
À l’occasion de la controverse autour de l’amendement 604, Argos42 a pris une place visible dans la mobilisation contre le dispositif.
Dix jours de mobilisation contre une réponse létale
Argos42 situe le début de sa mobilisation au 6 juillet, après l’adoption de l’amendement par le Sénat.
L’association a rapidement diffusé une pétition contre le volet « destruction ». Près de 30 000 signatures étaient affichées sur la plateforme au moment de notre consultation. Le texte ne demandait pas seulement le retrait de la disposition. Il défendait déjà une autre orientation : agir sur la reproduction des chiens, renforcer leur identification et sanctionner les propriétaires qui les abandonnent ou les laissent divaguer.
Argos42 affirme avoir parallèlement interpellé Catherine Conconne, première signataire de l’amendement, écrit aux ministères chargés de l’Agriculture et des Outre-mer, contacté des parlementaires susceptibles de participer à la commission mixte paritaire et transmis une proposition de suppression.
L’association a également multiplié les publications et les interventions médiatiques jusqu’aux dernières heures précédant la réunion du 16 juillet.
Elle n’était pas seule.
La Fondation Brigitte Bardot et la Fondation 30 Millions d’Amis ont elles aussi alerté les responsables publics et défendu des solutions préventives. Des citoyens, des bénévoles et des associations ultramarines se sont également exprimés contre la disposition.
Le compte rendu de la commission mixte paritaire montre que la suppression relevait également du travail parlementaire. Le rapporteur Julien Dive a déclaré être à l’origine du retrait de la disposition, tandis que la présidente de la commission a confirmé la réception de nombreux courriels sur le sujet.
Le retrait est donc intervenu dans un contexte associant travail parlementaire et forte mobilisation associative et citoyenne.
Argos42 y a pris une part visible. Sa pétition, ses publications et ses interpellations ont contribué à faire sortir la question des chiens errants ultramarins du seul cadre des négociations parlementaires.
La suppression du dispositif reste toutefois une victoire défensive : une mesure a été écartée, mais aucune politique de remplacement n’a encore été adoptée.
Une opposition également portée en Martinique
La contestation de l’amendement 604 ne venait pas seulement d’associations nationales.
En Martinique, des habitants, des bénévoles et des associations de protection animale se sont également opposés à la possibilité d’organiser des opérations de destruction de chiens errants.
Leur position ne repose pas sur une négation des attaques subies par les éleveurs ni des difficultés rencontrées sur le terrain. Elle s’inscrit dans un constat exprimé quotidiennement et depuis plusieurs années : tant que les abandons, les reproductions non maîtrisées, le défaut d’identification et la divagation ne seront pas traités à la source, les mêmes situations continueront de se reproduire.
Les structures martiniquaises demandent régulièrement des campagnes de stérilisation suffisamment larges et continues, un accès facilité à l’identification, un contrôle réel des détenteurs et des sanctions contre ceux qui abandonnent leurs animaux ou les laissent circuler sans surveillance.
Elles recueillent des chiens blessés, affaiblis ou abandonnés. Elles organisent les soins, recherchent des familles d’accueil, financent des actes vétérinaires et tentent de trouver des adoptants. Elles voient également les limites du système : propriétaires impossibles à retrouver, portées successives, structures saturées et urgences qui se renouvellent sans cesse.
Présenter le débat comme une opposition entre une association hexagonale et « les Martiniquais » serait donc inexact.
La Martinique n’avait pas une position unique sur l’amendement.
Catherine Conconne défendait une mesure qu’elle estimait adaptée à une situation locale grave. D’autres acteurs martiniquais considéraient au contraire qu’elle risquait de faire payer aux chiens les conséquences d’années de prévention insuffisante et de responsabilisation défaillante.
Argos42 a rejoint une contestation déjà présente sur le territoire et relayé à l’échelle nationale des revendications exprimées depuis longtemps en Martinique. Les demandes de stérilisation, d’identification et de sanctions ne sont donc ni nouvelles ni extérieures à l’île.
La question n’est donc pas de savoir si une association nationale avait le droit de prendre position sur une disposition examinée par le Parlement.
Elle est de déterminer comment sa capacité de mobilisation peut désormais soutenir les revendications et le travail quotidien des acteurs ultramarins, sans les remplacer ni parler à leur place.
Pour Argos42, « la vraie bataille commence maintenant »
Au lendemain de la commission mixte paritaire, Argos42 n’a pas annoncé la fin de sa mobilisation.
Dans son communiqué du 17 juillet, l’association affirme au contraire que la suppression du volet « destruction » ne referme pas le dossier. Baptiste Praud, son président et fondateur, rappelle que « la crise de l’errance canine dans les outre-mer reste entière ».
Argos42 porte désormais trois demandes principales.
La première est la création d’un plan national de stérilisation massive et financée dans les départements et régions d’outre-mer.
La deuxième concerne l’application de l’obligation d’identification, avec davantage de contrôles et des sanctions effectives contre les propriétaires défaillants.
La troisième vise l’organisation d’une concertation entre l’État, les associations, les éleveurs et les vétérinaires.
Ces trois axes dessinent une stratégie plus cohérente qu’une intervention limitée à la destruction de certains animaux.
La stérilisation agit sur le renouvellement des populations canines. L’identification permet de retrouver les propriétaires, de responsabiliser les détenteurs et de limiter l’impunité des abandons. La concertation peut relier des acteurs qui interviennent aujourd’hui à des étapes différentes du problème, parfois sans coordination suffisante.
Mais une orientation cohérente n’est pas encore une politique publique.
Pour produire des résultats, elle doit être traduite en budget, en calendrier, en objectifs territoriaux, en capacités vétérinaires et en responsabilités clairement attribuées.
Elle doit également répondre à une question immédiate : qui organisera concrètement les opérations ?
Les associations ne peuvent pas être chargées seules de capturer, soigner, stériliser, héberger et faire adopter les animaux. Les communes conservent leurs obligations. Les services de l’État doivent participer à la coordination et au contrôle. Les vétérinaires doivent disposer des moyens nécessaires. Les propriétaires doivent être responsabilisés. Les éleveurs doivent pouvoir protéger leurs troupeaux.
C’est là que commence, pour Argos42, une nouvelle phase d’un combat déjà porté depuis longtemps dans les territoires ultramarins.
En Martinique, la concertation dispose déjà d’un cadre
La concertation réclamée par Argos42 ne part pas de zéro en Martinique.
Un comité de pilotage consacré à l’errance canine réunit déjà les services de l’État, les collectivités, les représentants du monde agricole, les vétérinaires, la fourrière et les associations de protection animale.
Dans notre article consacré au COPIL sur l’errance canine en Martinique, Action Animale 972 rappelait que cette instance n’est ni un service de capture ni une structure intervenant directement auprès des animaux. Son rôle est de coordonner les acteurs, de suivre les actions engagées et de contribuer à construire une réponse commune.
Une phrase résumait alors le cœur du problème :
« Le chien errant n’est généralement pas à l’origine du problème. Il en est souvent la conséquence visible. »
Derrière l’errance se retrouvent les abandons, les reproductions non maîtrisées, l’absence d’identification, la divagation et les défaillances de propriétaires qui ne respectent pas leurs obligations.
Le précédent article relevait également un déséquilibre : les dispositifs de capture occupent déjà une place importante dans la réponse institutionnelle, tandis que les mesures de prévention restent moins développées au regard de l’ampleur de la crise.
La revendication d’une concertation formulée par Argos42 rejoint donc un cadre déjà existant en Martinique. L’enjeu n’est pas d’ajouter une instance supplémentaire, mais de renforcer la capacité des acteurs déjà réunis à produire des décisions concrètes.
La question est désormais de savoir si ce cadre pourra déboucher sur un programme suffisamment financé, des objectifs précis de stérilisation, une amélioration de l’identification, des sanctions effectives et une participation réelle des associations martiniquaises aux décisions.
Une réunion supplémentaire ne suffira pas.
La concertation ne prendra son sens que si elle produit un calendrier, une répartition claire des responsabilités, des moyens durables et des résultats accessibles au public.
Maintenir la mobilisation après le retrait
Une campagne d’opposition possède un objectif simple et immédiatement compréhensible : empêcher une mesure.
Une campagne de construction est plus difficile.
Elle doit expliquer combien d’animaux doivent être stérilisés, dans quels territoires, sur quelle durée, avec quels professionnels, selon quelles priorités et avec quels financements.
Elle doit également préciser comment les chiens seront capturés, identifiés, suivis et, lorsqu’ils peuvent l’être, replacés dans un parcours d’adoption.
Argos42 continue d’utiliser son site et ses réseaux sociaux pour maintenir l’attention. L’association appelle aussi ses sympathisants à soutenir financièrement ses prochaines actions.
L’ancienne pétition est désormais présentée comme « victorieuse ». Elle reste une trace importante de la mobilisation, mais elle avait été construite en priorité pour empêcher le volet « destruction ».
Au 19 juillet 2026, aucune nouvelle pétition d’Argos42 spécifiquement consacrée au financement de la stérilisation, au renforcement de l’identification ou à l’obtention d’un programme national pour les outre-mer n’était encore mise en avant.
Cette absence ne permet pas de conclure à un ralentissement de la mobilisation. Elle laisse toutefois ouverte la question du dispositif qu’Argos42 entend utiliser pour maintenir la pression autour de ses nouvelles revendications.
Près de 30 000 personnes ont signé contre une mesure perçue comme une menace immédiate. Il sera plus difficile de maintenir cette force citoyenne autour de sujets moins spectaculaires, mais décisifs : financement des actes vétérinaires, disponibilité des professionnels, fonctionnement des fourrières, contrôles des propriétaires, données d’identification et coordination entre collectivités et associations.
C’est pourtant sur ces sujets que se joue l’avenir.
Le retrait d’une disposition peut être obtenu rapidement. La construction d’une politique de prévention exige, elle, des moyens durables, une coordination continue et des résultats suivis dans le temps.
La stérilisation ne peut pas rester un mot d’ordre
Argos42 demande une campagne « massive » et financée à la hauteur de l’enjeu.
Cette exigence est compréhensible. Une opération trop limitée, trop courte ou concentrée sur quelques communes ne peut pas enrayer durablement le renouvellement des populations errantes.
Mais le mot « massif » doit être défini.
Combien de chiens faudrait-il stériliser chaque année en Martinique ? Quelle couverture permettrait réellement de réduire le nombre de naissances ? Combien de vétérinaires seraient disponibles ? Quel coût devrait être assumé par l’État, les collectivités ou les propriétaires ? Comment atteindre les animaux les plus difficiles à capturer ? Comment éviter que de nouveaux abandons annulent les effets obtenus ?
Une politique crédible doit répondre à ces questions.
Elle doit aussi distinguer plusieurs situations souvent regroupées sous le terme général de « chiens errants » : animaux abandonnés, chiens appartenant à un propriétaire mais laissés en divagation, meutes difficiles à approcher, animaux sociables susceptibles d’être adoptés et chiens dangereux nécessitant une prise en charge particulière.
La stérilisation est indispensable pour agir sur la reproduction. Elle ne remplace ni la capture, ni l’identification, ni le contrôle des détenteurs, ni la protection des troupeaux, ni la capacité d’accueil des fourrières et des associations.
Les demandes formulées par Argos42 rejoignent ainsi des orientations défendues depuis longtemps par des associations et des acteurs ultramarins.
Pour devenir une politique cohérente, elles devront être traduites en objectifs précis, en moyens durables et en responsabilités clairement réparties.
Des financements existent déjà, mais ne forment pas encore une politique durable
Il serait inexact d’affirmer que les pouvoirs publics n’ont jamais financé la stérilisation ou la gestion des animaux errants dans les territoires ultramarins.
En 2024, le ministère de l’Agriculture a consacré une enveloppe nationale de trois millions d’euros à un appel à projets portant sur la gestion des populations animales errantes. Dans les départements et régions d’outre-mer, les chiens pouvaient être inclus lorsque les opérations concernaient également les chats.
Ces financements montrent que la prévention bénéficie déjà d’un soutien public. Ils ne démontrent pas pour autant qu’une stratégie durable et suffisamment dimensionnée existe dans chaque territoire.
Un appel à projets finance une action pendant une période définie. Il ne garantit pas la continuité des campagnes d’une année sur l’autre. Il ne couvre pas nécessairement les besoins permanents des associations, les véhicules, les locaux, les urgences vétérinaires, les salariés ou les outils de capture.
Il ne garantit pas non plus que les mêmes méthodes, les mêmes moyens et les mêmes résultats puissent être obtenus en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, à La Réunion ou à Mayotte.
La demande portée par Argos42 gagnerait donc à préciser ce qui est attendu au-delà des dispositifs existants : augmentation des financements, pérennisation, programme spécifiquement consacré aux chiens, coordination nationale ou objectifs adaptés à chaque territoire.
La publication des résultats constitue également un enjeu essentiel.
Combien d’animaux ont été stérilisés grâce aux aides déjà versées ? Combien ont été identifiés ? Quels territoires ont obtenu les meilleurs résultats ? Quels programmes ont été interrompus ou n’ont pas atteint leur objectif ? Quels moyens supplémentaires seraient nécessaires ?
Sans ces données, les pouvoirs publics peuvent annoncer des enveloppes sans que les citoyens puissent mesurer leur effet réel.
Les associations ultramarines doivent être au cœur de la suite
Argos42 demande une concertation entre l’État, les associations, les éleveurs et les vétérinaires. Cette demande est importante.
Elle ne pourra cependant produire des résultats que si les organisations ultramarines participent réellement à la définition des solutions.
Les associations locales connaissent les zones où les abandons sont fréquents, les communes où les signalements restent sans réponse, les difficultés d’accès aux soins vétérinaires, les limites des fourrières et la disponibilité réelle des familles d’accueil.
Elles savent ce que représente la prise en charge d’un chien blessé, malade ou peu socialisé. Elles savent combien coûtent une stérilisation, une identification, une hospitalisation ou plusieurs semaines d’hébergement. Elles savent aussi ce qui arrive lorsque les places manquent et que les appels continuent.
Les éleveurs connaissent les secteurs exposés aux attaques et les moyens de protection qui leur font défaut.
Les vétérinaires peuvent mesurer le nombre d’actes réalisables, les besoins matériels et les contraintes sanitaires.
Les communes et les intercommunalités disposent des pouvoirs et des responsabilités liés à la divagation, à la capture et à la fourrière.
L’État peut coordonner, financer, contrôler et fixer des objectifs nationaux.
Une association nationale peut amplifier les alertes, mobiliser l’opinion et interpeller les décideurs. Son action sera d’autant plus utile qu’elle s’appuiera sur l’expérience et les revendications des acteurs locaux, sans se substituer à eux.
La prochaine étape pourrait consister à formaliser un travail commun entre Argos42 et les structures ultramarines déjà engagées, en lien avec les vétérinaires, les représentants des éleveurs, les collectivités et les services de l’État.
Ce rapprochement permettrait de mettre la capacité de mobilisation nationale d’Argos42 au service des besoins définis dans les territoires.
Protéger les chiens sans ignorer les éleveurs
Le débat autour de l’amendement 604 a parfois donné l’impression que deux camps irréconciliables s’opposaient : les défenseurs des chiens d’un côté, les éleveurs et les partisans de la sécurité de l’autre.
Cette opposition est réductrice.
Les éleveurs et les associations subissent les conséquences d’un même système défaillant.
Lorsque des chiens sont abandonnés, non stérilisés, non identifiés ou laissés en divagation, les bénévoles tentent de les récupérer et de financer leurs soins. Dans le même temps, les éleveurs doivent protéger leurs animaux contre les attaques et supporter des pertes qui peuvent fragiliser leur exploitation.
Reconnaître la souffrance des chiens ne nécessite pas de minimiser celle des animaux d’élevage blessés ou tués.
Reconnaître les difficultés des agriculteurs n’oblige pas à considérer l’abattage comme la seule réponse possible.
Une stratégie durable doit agir simultanément sur les causes et sur les conséquences : prévention des abandons, contrôle des propriétaires, stérilisation, identification, capture, prise en charge des chiens, protection des troupeaux et traitement spécifique des animaux présentant un danger immédiat.
Argos42 a raison de demander que les éleveurs participent à la concertation.
Leur expérience ne doit pas être utilisée uniquement pour justifier des mesures d’urgence. Elle doit contribuer à construire une politique protégeant durablement les troupeaux, tout en évitant que de nouveaux chiens soient condamnés par l’insuffisance persistante de la prévention et de la responsabilisation des détenteurs.
Après le retrait, une responsabilité nouvelle pour Argos42
La campagne contre l’amendement 604 a montré la capacité d’Argos42 à alerter rapidement, à mobiliser plusieurs dizaines de milliers de signataires et à interpeller les responsables publics sur le dispositif.
Cette réussite mérite d’être reconnue.
Elle ouvre aussi une nouvelle responsabilité pour l’association.
L’association affirme elle-même que le combat ne fait que commencer. Elle sera donc attendue sur sa capacité à maintenir la pression lorsque l’urgence médiatique aura disparu, à travailler avec les acteurs ultramarins, à formuler des demandes chiffrées et à rendre visibles les réponses du Gouvernement et des parlementaires.
Les pouvoirs publics seront également attendus.
Ils ne pourront pas se contenter de rappeler que le volet « destruction » a été supprimé. Cette suppression ne les dispense pas de répondre aux abandons, au défaut d’identification, aux attaques contre les élevages, à la saturation des structures et à l’insuffisance des moyens de prévention.
Une mesure contestée a été retirée. Le problème qui l’avait rendue possible reste entier.
La prochaine étape ne se mesurera donc pas seulement au nombre de communiqués publiés ou de soutiens affichés. Elle se mesurera à des décisions : des budgets durables, des objectifs territoriaux, des conventions avec les associations, des campagnes accessibles, des contrôles effectifs et des résultats rendus publics.
Empêcher une réponse létale était nécessaire.
Empêcher que l’échec de la prévention rende demain une nouvelle réponse létale politiquement acceptable sera beaucoup plus difficile.
C’est désormais à cette bataille, déjà menée depuis des années par les acteurs ultramarins, qu’Argos42 affirme vouloir prendre pleinement part. Elle concerne les associations, les élus, les vétérinaires, les éleveurs, les collectivités, l’État et tous ceux qui refusent que l’errance canine continue de produire, année après année, les mêmes souffrances et les mêmes urgences.
Par la rédaction d’Action Animale 972





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